3 Connecter au réel
Le temps de l’étude est une chance et un risque parce que c’est un temps à part : l’élève a la chance d’apprendre sans avoir à produire, mais il risque d’oublier que le spectre des possibles ne sera plus le même durant sa vie professionnelle. Rester connecté à la réalité du travail et à la vie qui n’est pas une vie d’étude, est un des engagements de la CCIP. Parce qu’elle ne laisse jamais les entreprises loin de l’école, la CCIP promet de tisser entre le dedans et le dehors, entre les étudiants et les professionnels, entre la jeunesse qui étudie et la maturité qui travaille. Ne pas oublier vers quoi l’on tend, la vie que l’on aura, les obstacles, les récompenses, les objets de réflexion et de quête. Ainsi le moment des études à la CCIP sera t-il un moment de la vie et un morceau du destin professionnel.
La nature a inventé l’adrénaline qui fait courir la proie attaquée par le prédateur. Mais il y a des agressions moins radicales et devant lesquelles la fuite n’est pas la meilleure réponse : les transformations du travail sont de celles-là. Aucun homme ou femme ne peut plus aujourd’hui s’imaginer faire, dans la durée de sa vie, le même métier de la même façon. Une forme majeure de la société post-industrielle est l’accélération du progrès technique et organisationnel, elle nous accule à changer plus souvent qu’il n‘est naturel de le faire. Le talent de réagir, de ne pas s’effrayer d’une nouveauté, mais de répondre, est précieux. Certains l’ont naturellement, ils ne sont pas phobiques ou farouches, ils appartiennent à leur temps, dit-on. Apprendre ce talent de savoir réagir vite et sans peur garantit l’indispensable connexion à la réalité.
Imaginez que les étudiants soient obligés de réagir, comme dans la vie qui n’est pas un cours. Ils ne seraient plus alors, comme parfois, des « sacs à savoir » que remplissent gentiment les professeurs mais devraient réagir, contester, rectifier. Ainsi l’école les habituera à la réactivité, à l’instabilité des situations, à l’erreur de l’autre.